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DIY MADE IN CLAUDIE PIERLOT

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Le Do It Yourself envahit la blogosphère ces derniers temps. Littéralement « Fais-le toi même », il puise ses origines dans le mouvement anti consumériste punk dans les années 70. Des groupes musicaux de l’époque choisissent de préférer des sous-sols aux scènes conventionnelles pour libérer leur création du système établi. Cette éthique va s’étendre à toutes les activités de la vie quotidienne  et encourage chacun à prendre ses responsabilités dans le sens où il devient acteur, et crée de lui-même. Comme vous pourrez le constater cette tendance remise au goût du jour a des champs d’action très larges de la pate à fimo au recyclage, des loisirs créatifs à des considérations pratiques et idéologiques.

J’ai donc été assez surprise lorsque j’ai été invitée par la marque de prêt à porter haut de gamme Claudie Pierlot à découvrir son kit DIY. Il s’agit d’un kit de customisation comportant différents accessoires : patchs, stickers, anneaux… Pour 45 euros vous pouvez vous approprier un sac au nom de la marque grâce aux différents accessoires de mercerie fournis. Niveau marketing c’est plutôt intéressant, la marque organise son propre détournement. La raison de ce lancement ? Une opération humanitaire, la totalité des bénéfices sera reversée en faveur des projets éducatifs de l’UNESCO via la Chaine de l’Espoir et le « Malala Founds ». Des stars se sont prêtées au jeu : Kit Custom Claudie Pierlot

Voici quelques images de la soirée de présentation au showroom rue Victor Hugo dans le 16ème:

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A gauche la blogueuse Jam and Style http://jamandstyle.blogspot.fr/
A droite Siham Jabir Responsable Boutique

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Kit custom

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Sacs à customiser pendant la soirée

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Grand choix de cupcakes aux parfums d’enfance : rocher, spéculos, kinder…
Autant de nostalgie et de gourmandise que de calories ! 😉

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Pour plus d’infos:

Kit Custom Claudie Pierlot

Envie de partir au bout du monde, tous les jours, rien qu’en s’habillant ?

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Envie de partir au bout du monde, tous les jours ? Et pourquoi pas ?!

Samedi dernier je ne pensais pas que mes déambulations rue St Honoré m’emmèneraient aussi loin.

J’ai découvert une petite cour ou est nichée la boutique  entre une boutique d’accessoire et une galerie. Il s’agit du concept store récemment ouverte d’une créatrice de mode. Jusque là on est toujours à Paris…

Lorsque vous entrez sur votre gauche votre regard est tout d’abord attiré par les bijoux de Mademoiselle Fêlée et sa collection de bijoux inspirée de la Tour Eiffel, de la dentelle de son architecture.

Ensuite vous serez attirés par les vêtements aux couleurs chatoyantes et aux matières soyeuses sur les portants. Voici la marque Ach Chajai, des vêtement de créateur et c’est la créatrice elle même qui vous accueille avec un grand sourire d’ailleurs la machine à coudre n’est pas loin, c’est bon signe !

 

Chaque vêtement est une surprise, vous croyez regarder une grande robe blanche, en fait il s’agit d’une combinaison blanc de blanc, différents tissus nobles notamment de la soie, des effets de matière mats et brillants et plusieurs teintes de blanc. Najette Ach Chajai crée des vêtements comme des voyages : souples, d’inspiration nouvellement ethnique car ils n’indiquent pas une destination précise mais plutôt un cheminement multi-culturel. L’important n’est pas la destination mais bien le voyage. Et elle en joue avec espièglerie. La structure de l’habit est déstructuré ou plutôt restructuré, déconstruit. L’architecture de chaque pièce est originalement pensée et travaillée.  A vous de fabriquer vos propres codes vestimentaires ! La tradition n’est pourtant pas si loin si l’on considère une de ses marques de fabrique : la passementerie qui remonte jusqu’aux temps ancestraux, Byzance s’invite dans votre garde robe !

Un exotisme qui se fond dans les besoins de toute working girl qui souhaite s’évader car les modèles sont avant tout pensés pour être portés vous trouverez des pièces  haute couture et d’autre casual /uncasual.

Pour plus d’informations:

Boutique concept store ACH CHAJAI PARIS

91, Rue Saint Honoré 75 Paris 1er
« Village Saint Honoré »

Métro: Louvre-Rivoli L1

E-mail: contact@achchajai-paris.fr
Horaires ouverture: du mardi au samedi de 11h à 19h30

Tél: (33) 983 602 372

La Mécanique des Dessous

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Actuellement en termes de lingerie, la tendance est au rétro : les sous-vêtements vintage, l’engouement pour la silhouette pin-up à la Dita Van Teese. Dans le même temps réapparaissent les sous-vêtements gainant nouvellement qualifiés  d’intelligents.  La gaine serait l’accessoire fashion féminin/masculin par excellence depuis 2012, on la désigne désormais sous le terme nettement plus moderne de shapewear. Innovation, recyclage ou retour vers le passé ???

L’exposition La Mécanique des Dessous au Musée des Arts Décoratifs est bien loin d’une présentation glamour de quelques belles pièces de lingerie fines retrouvées à travers les âges. Sa posture n’est pas non plus moralisatrice, elle soulève de véritables questions pouvant aller pourquoi pas jusqu’à une véritable introspection pour peu qu’elle pénètre la mécanique de nos pensées, pour peu qu’on lui ouvre notre regard.

Les premiers pas du visiteur le conduisent face à des corsets de fer, instrument de torture ? … non sous-vêtements. Chaque époque amène son dictat et jusqu’à quel point ? Fraises ferrées, corset creusant la taille, et ce n’est pas du second degré mais bien une réalité. La mécanique des dessous a pour objectif de fournir une réponse à une esthétique donnée, un formalisme correspondant à une injonction de l’époque.

Dès le Moyen-Age les femmes étaient ficelées dans des robes appelées bliauds par des laçages ajustant fortement la taille et relevant les seins.  Le corps naturel n’existe pas à double titre : pudeur religieuse, il ne se montre pas, se camoufle, se masque,  mais également et c’est le second point, se métamorphose par la contrainte du vêtement ou la supercherie de sous-vêtements, rajouts pour les hommes comme pour les femmes. Notre physique n’existe pas mais l’idée que  l’on s’en fait, de ce  qu’il se doit être, se matérialise. Ce fonctionnement de la concrétisation d’un idéal qu’il nous soit imposé ou que nous soyons consentants va générer une transformation du corps tel qu’il nous est donné en tant qu’être humain. La métamorphose peut être magie, supercherie, artifices ou conséquence physique et matérielle du port de sous-vêtements contraignants jusqu’à l’atrophie d’organes…

La condition de la femme s’illustre à travers cette histoire même si elle n’est pas le propos principal de l’exposition. Les corsets que j’ai évoqués précédemment étaient à destination des « femmes molasses » ou « à problèmes de dos », les dessous sont l’objet de textes médicaux on en retrouvera quelques extraits croustillants au fur et à mesure de l’exposition : des citations notamment du « Traité sur les Femmes Grosses ou Enceintes ».

De même les hommes ne sont pas en reste, la silhouette se fait exacerbation de sa virilité, de son rang social, tantôt exagération de son embonpoint tantôt l’inverse, cambré à une époque, épaules rondes ou forte stature, taille fine et gros organe, mollets bien faits…

Bas rembourré ou faux-mollet, France, 1850-1890
Paris, Les Arts Décoratifs, collection Union française des arts du costume, achat, 1949
© Paris, Les Arts Décoratifs, photo Jean Tholance

Il est peu dire que le push up actuel fait pâle figure en comparaison avec tous les rajouts et mécanismes au fil des époques : robes à panier rétractables pour passer les portes, même chose pour les manches à ballon. Après cette exposition vous ne verrez plus les braguettes du même œil, le simple zip actuel n’a plus rien à voir avec la proéminence factice permanente de ce membre qui se décline du dessous au vêtement jusqu’à l’armement. Un vestige du 16ème siècle surement mais à en juger les dernières pièces de l’exposition plus contemporaines, elles sont également l’apanage des podiums du moment.

Homme portant un slip et une gaine, 2009
Mannequin : Matthieu Barnabé
Photographie : Sylvain Norget
© Sylvain Norget

A l’heure actuelle il convient donc de se poser la question de la mécanique des dessous. Le corps s’est-il véritablement libéré ou le club de sport remplace-t-il le corps à baleines ? Les codes des crinolines, faux culs et corsets réapparaissent-ils en haute couture et dans la rue comme la célébration d’une certaine idéologie du corps, une marginalisation de notre réalité corporelle, le conditionnement physique d’un idéal collectif de maitrise parfaite, l’affirmation d’une sexualité libérée… Et quel sera le regard des générations futur sur le soutien-gorge d’aujourd’hui, sur nos standards corporels actuels ?

La mariée, Jean Paul Gaultier, Gaultier Paris, haute couture, automne-hiver 2008-2009, collection « Les Cages »
© Guy Marineau

Le dessous serait-il de fait l’engrenage glamour de notre adhésion ou de notre refus au cliché de notre époque ? Invisible : rien ne sort du cadre, donner l’apparence de la perfection, shapewear : the good shape before the good wear, apparent et décoratif, manifestation du sexy : désir de séduction et de sexualité. La mécanique des dessous correspondrait à la mécanique du moi dans son affirmation ou son infirmation.  Jusqu’à quel point en enfilant un push-up, un corset, un caleçon, une gaine, doit-on se poser la question de son identité et de son conditionnement … La préoccupation journalière doit-elle vraiment être de savoir si cela nous va bien, si cela nous fait une belle poitrine ou un beau cul ?!

Faux-cul dit « strapontin », 1887
Paris, Les Arts Décoratifs, collection UFAC
© Patricia Canino

Pour plus d’informations :

La Mécanique des Dessous

jusqu’au 24 novembre 2013

Les Arts Décoratifs – Mode et textile
107 rue de Rivoli
75001 Paris

Tél. : 01 44 55 57 50
Métro : Palais-Royal, Pyramides ou Tuileries
Autobus : 21, 27, 39, 48, 68, 69, 72, 81, 95

http://www.lesartsdecoratifs.fr/

MATALI CRASSET – Voyage en Uchronie

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Designer mondialement reconnue, Matali Crasset s’aventure au delà de l’univers de vie et de consommation dédié à la décoration et à l’aménagement.Elle expose à la galerie Thaddaeus Ropac  son Voyage en Uchronie.

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IMG_1338Présente au vernissage, Matali Crasset me confie qu’elle apprécie la possibilité que lui offre l’espace artistique d’aller au-delà, de s’extraire des implications du design pour s’autoriser toutes les hypothèses. A la manière d’un scientifique qui repartirait de zéro elle revoit son postulat de départ et sa formule pour en réinventer autant le résultat que la logique. Déconstruire pour reconstruire sa pratique. Une liberté qui éclate le raisonnement au profit de la métaphysique. Elle ouvre les perspectives du quotidien via l’introspection et le rite, créant le mouvement en suivant le cours de l’eau du ruisseau jusqu’à la cascade, réévaluant la notion de frontières entre l’individu et le groupe comme autant de possibilités. L’exposition s’articule entre deux dispositifs.Au fond, une projection d’un film Voyage en Uchronie, salvatico e colui che si salva, réalisé par Matali Crasset et Juli Susin, crée une ouverture sur un peuple qui se rend à la montage noire lieu de mémoire pour s’adonner à des rites introspectifs. Uchronie désigne par son étymologie un espace de non-temps, le visiteur pénètrerait-il dans une écrin onirique ?

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La porosité graphique de l’eau assure le passage entre la représentation et l’installation.

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Le public chemine entre les Permanents, un ensemble de mobilier aux formes épurées, capuchonnées, monastiques. Des modules individuels qui peuvent devenir collectifs une fois regroupés.

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L’aspect extérieur a la rugosité du feutre qui n’est pas sans rappeler les travaux de Beuys.  Il tend à l’isolement tout comme la neutralité du ton gris qui ne permet pas d’accroche extérieure. Enfin le recourbement capuchonné de la forme se fait véritable métaphore de l’introspection. L’apparence suggère l’intériorité.

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Le mobilier accessoirisé de manière minimale abrite l’être qu’il soit allongé, assis ou bien debout, cabinet de curiosité, chaises, grelots…Une fois le module  investi, la vivacité du orange confère à l’intérieur, l’énergie de l’humain, la chaleur du cocooning. Etre bien pour se consacrer à soi avec l’immensité  vitaminée du solaire comme transversalité infinie des pensées.

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Le visiteur évolue avec facilité, s’approprie chaque aspect avec aisance quel que soit son âge, que ce soit pour s’installer, pour discuter, pour rechercher un espace de curiosité ou de tranquillité. Au point que je ne peux m’empêcher d’adresser une dernière question à Matali Crasset : « Envisageriez-vous de transposer ces modules dans un univers de design quotidien ? » La réponse qui m’a été apportée fut évidente tant c’est de cela qu’il s’agit en fin de compte, ouvrir de nouvelles perspectives par l’introspection : « Qu’en pensez-vous ? »

Pour plus d’informations :

Voyage en Uchronie, Matali Crasset

jusqu’au 20 juillet

Galerie Thaddaeus Ropac Paris Pantin

69 avenue du Général Leclerc

93500 Pantin

01 55 89 01 10

Du mardi au samedi de 10h à 19h

www.ropac.net

@Galerieropac

www.youtube.com/galerieropac

https://www.facebook.com/galerieropac